Pourquoi apprendre le chinois? (http://fr.chinabroadcast.cn/259/2006/08/28/44@108748.htm)

2006-08-28 11:20:45 La Chine au présent

Dans le monde, des cours de langue chinoise sont offerts dans plus de 2 300 universités d'environ 100 pays, sans compter les nombreux étudiants étrangers qui apprennent le chinois en Chine. En 1996, quelque 41 200 étudiants étrangers y sont venus, alors qu'en 2004, le pays en a accueilli 400 000, provenant de plus de 150 pays et unités territoriales.

Selon le ministère de l'Éducation de Chine, ces cinq dernières années, le nombre d'étudiants étrangers en Chine a augmenté de 20 %, et le record va être battu cette année.

Le chinois, un atout sur le marché de l'emploi

Ces dernières années, en France, au fur et à mesure de l'augmentation du nombre de personnes qui apprennent le chinois, l'offre d'admission des départements universitaires d'études chinoises ou des cours de chinois qu'elles dispensent ne satisfait pas à la demande. Dans le monde, l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO, un institut en France) est le plus grand établissement d'enseignement supérieur à offrir des cours de chinois. D'après Mme Xu Xin, directrice du département de chinois de cet institut, ces dernières années, la préinscription au cours de chinois est toujours remplie à capacité, et le nombre d'étudiants est en hausse. Le chinois et le japonais se classent ex æquo parmi les langues les plus demandées à l'INALCO. En raison du dynamisme de l'économie chinoise et de la montée de la Chine dans le monde, la demande de diplômés en études chinoises connaît aussi une augmentation en France. Auparavant, c'était à cause de leur intérêt pour la Chine et de la culture chinoise que les élèves apprenaient le chinois; aujourd'hui, ils considèrent la maîtrise du chinois comme un atout sur le marché de l'emploi.

En Allemagne, les départements d'études chinoises étaient peu fréquentés dans le passé. Aujourd'hui, le nombre d'étudiants y est beaucoup plus élevé. De plus, de grandes compagnies invitent des enseignants étrangers de langue chinoise à donner des cours intensifs aux employés qui vont travailler en Chine. Le directeur de Siemens-Chine a déclaré lors d'une conférence : « Si vous faites des affaires avec la Chine, il faut employer des personnes qui comprennent le chinois. »

En Grande-Bretagne, le ministère de l'Éducation a même élaboré un programme d'enseignement du chinois pour les écoles secondaires.

Comme ils le font pour le français, l'espagnol et l'allemand, les États-Unis ont pour leur part annoncé l'établissement d'un programme d'enseignement où le chinois figure sur la liste des cours obligatoires. Les écoles secondaires reconnaissent les crédits des cours de chinois définis par ce programme. C'est un tournant dans l'enseignement de la langue chinoise aux États-Unis : le chinois est désormais officiellement inclus dans le système d'éducation nationale. On compte actuellement 2 500 écoles primaires et secondaires qui offrent un cours de chinois défini par ce programme

Les attentes en matière de culture

À l'apogée de l'histoire de la Chine, la langue chinoise était répandue dans les pays voisins, tels la Corée, le Japon et le Vietnam. Ces pays ont utilisé le chinois pendant une longue période. Basé sur les caractères chinois et la culture confucianiste, un monde sinisé s'était ainsi formé en Asie. L'enseignement du chinois est aussi en plein essor ces dernières années, après avoir connu une période de régression, puis de stagnation et de lent développement.

En Corée du Sud, le résultat du HSK (test d'évaluation du niveau de chinois langue seconde) est devenu l'un des critères d'embauche et de promotion dans beaucoup de grandes entreprises. Le nombre d'universités qui ont ouvert un département d'études chinoises ou qui offrent un cours de chinois est en effet passé d'une vingtaine dans les années 1980 à 347 aujourd'hui. Le ministre de l'Éducation de la Corée du Sud a déclaré que des cours de chinois seront offerts dans toutes les écoles primaires et secondaires d'ici à 2007.

En Thaïlande, le chinois est plus répandu que le japonais, et il est devenu la première langue étrangère. La vogue du japonais a faibli progressivement, et elle est remplacée par le fort intérêt pour la langue chinoise qui est en pleine croissance. Le nombre de gens qui apprennent le chinois est actuellement dix fois plus élevé qu'il y a une décennie.

Que font les Chinois face à la popularité de leur langue ?

Pour aider les gens de différents pays à apprendre la langue chinoise, le gouvernement de la Chine projette établir cent instituts Confucius. Ces instituts sont des établissements à but non lucratif qui contribuent à promouvoir l'enseignement du chinois dans le monde et les échanges culturels de la Chine avec l'étranger. Ces instituts offrent des formations sans diplôme et des cours de chinois par Internet. Le premier Institut Confucius a été ouvert en novembre 2004 à Séoul. D'autres instituts ont été fondés aux États-Unis, en Suède, en France et en Ouzbékistan.

Pour susciter l'intérêt des enfants envers le chinois, douze experts chinois et étatsuniens ont créé un logiciel d'enseignement qui prend les Jeux olympiques pour thème et qui se décline sous plusieurs formes : histoires, jeux et dessins animés. Ce logiciel facilite l'apprentissage du chinois et soulage la pénurie d'enseignants dans le domaine.

Pour résoudre ce dernier problème, la Chine a créé des centres de formation des enseignants étrangers, et elle envoie des enseignants chinois à l'étranger pour y former sur place des professeurs de chinois. Jusqu'à maintenant, un millier de bénévoles ont été envoyés par la Chine dans quatre continents : Asie, Europe, Amérique et Afrique.

L'augmentation du nombre de ceux qui apprennent le chinois a permis au test HSK de devenir de plus en plus populaire. Le nombre de candidats étrangers à ce test est passé de 21 000 en 1996 à 100 000 en 2004. La Chine a établi 151 sites d'examen dans 34 pays. Pour les étudiants étrangers, le HSK est le TOEFL de la langue chinoise.

Les Nouvelles d'Europe, le plus grand journal en langue chinoise en Europe, a publié un commentaire intitulé : « Prendre le train express du développement de l'économie chinoise ». Cet article analyse la vogue mondiale de la langue chinoise et des études en Chine sous les angles économique et culturel. Selon son analyse, ce phénomène est lié au facteur économique : les jeunes de différents pays apprécient le développement rapide de l'économie chinoise et le rôle de la langue chinoise dans leur future carrière. Il y a dix ans, c'est comme préparation pratique à venir travailler en Chine que les étrangers apprenaient le chinois. Aujourd'hui, c'est pour se préparer stratégiquement. En effet, les étrangers croient que la Chine jouera un rôle important dans le domaine économique et que le chinois sera une langue très importante dans le futur. Ils veulent prendre le train express du développement de l'économie chinoise. Cette stratégie est le moteur de la vogue du chinois dans le monde.

Selon cet article, sous-jacentes à cette vogue, il y a les attentes en matière de culture. La croissance économique annuelle moyenne de 10 % enregistrée par la Chine ces deux dernières décennies, est considérée comme un miracle. Derrière ce miracle économique, il faut reconnaître la contribution de la culture. Si on veut saisir les débouchés qu'offre le développement de l'économie chinoise, il faut maîtriser la langue et bien comprendre la culture chinoise.